Activités à venir

L'aidant et son nouveau rôle


Être une personne soignante constitue une responsabilité exigeante, mais valorisante. Vous pourriez devoir prendre en charge des tâches qui, par le passé, étaient effectuées par la personne qui a subi l’AVC. Vous pourriez aussi avoir à entreprendre de nouvelles tâches, comme aider cette personne dans ses activités quotidiennes.

Une des composantes les plus importantes de votre nouvel emploi du temps consiste à aider la personne atteinte à devenir aussi indépendante que possible. Vous détenez la clé du maintien de son confort, de sa sécurité, de sa dignité et de son estime d’elle-même.

À certains moments, vous pourriez vous sentir dépassé par les responsabilités du rôle de soignant. C’est une réaction normale aux multiples changements qu’un AVC peut provoquer. Il est utile que les personnes soignantes apprennent à faire ce que les gestionnaires accomplis savent faire : déléguer. Réfléchissez à ce que les membres de la famille, les amis ou les ressources extérieures peuvent faire pour alléger vos tâches. Discutez avec votre travailleur social ou votre médecin des services communautaires qui pourraient vous aider, comme la popote roulante.

Voici comment le soignant peut contribuer au processus de rétablissement :


Obtenez autant d’information que possible de l’équipe de réadaptation en ce qui concerne les effets de l’AVC sur le patient. Plus vous en savez, plus vous êtes en mesure de l’aider. Dressez la liste de vos questions et obtenez les réponses dont vous avez besoin.

Familiarisez-vous avec le programme de réadaptation du patient. Demandez aux thérapeutes, au personnel infirmier et aux médecins de vous faire une démonstration des techniques.

Suivez un cours de premiers soins offerts par un organisme tel que l’Ambulance Saint-Jean ou la Croix-Rouge et apprenez la RCR (réanimation cardiorespiratoire). Les techniques que vous y apprenez sont très utiles et peuvent diminuer l’anxiété que vous ressentez par rapport aux soins du patient.

Soyez patient. Toute une vie d’apprentissage peut être perdue à cause d’un AVC, et la personne ne peut pas tout réapprendre du jour au lendemain. Acceptez que le rôle de soignant comprenne une grande part de frustration. Par contre, vous pourriez découvrir en vous de nouvelles forces et capacités dont vous ne soupçonniez même pas l’existence.

Parlez à votre travailleur social, médecin, église ou groupe religieux, équipe hospitalière, équipe de réadaptation d’AVC ou centre de renseignements communautaire local des services de soutien aux personnes soignantes de votre localité. Demandez si les programmes suivants existent :

  • Services de répit pour vous accorder une pause
  • Services de soins de jour ou aux patients externes
  • Services communautaires
  • Groupes culturels ou religieux
  • Groupes de soutien aux personnes aphasiques ou atteintes d’AVC


Une part importante du rôle de soignant consiste à aider la personne qui a subi un AVC à rehausser son estime d’elle-même.

Les personnes soignantes peuvent aider des façons suivantes :


Mettre l’accent sur les façons dont la personne peut regagner son autonomie par la réadaptation.

Inclure la personne dans les conversations : parler avec elle et non pas à son sujet.

Informer la personne des activités familiales et lui demander son opinion.

Lui donner beaucoup d’attention, de compréhension et de respect.

Éviter de toujours comparer la vie avant et après l’AVC : songer au présent et être positif, encourager la personne à profiter de ce dont elle est capable, au lieu de regretter ce qu’elle n’est plus capable d’accomplir.

Vous joindre à un groupe de soutien des personnes aphasiques ou atteintes d’AVC
pour vous aider, vous et la personne ayant subi un AVC, à partager vos sentiments de colère, de tristesse et de frustration avec d’autres personnes qui savent exactement ce que vous vivez.

Prendre soin de vous


Les changements physiques et émotifs chez la personne qui a subi un AVC peuvent entraîner des ajustements importants dans la vie de tous les jours de la personne soignante. Ces dernières peuvent parfois se sentir épuisées, frustrées, impuissantes, déprimées, effrayées et même en colère. Ces sentiments ne sont pas mauvais en soi, ils sont normaux et compréhensibles.

Voici quelques suggestions que d’autres personnes soignantes ont utilisées pour faire face à de tels sentiments.

Partagez vos émotions avec un proche ou une autre personne soignante qui peut vous écouter.

Essayez de parler au moins une fois par jour d’un sujet qui n’est pas relié aux AVC.

Faites quelque chose que vous trouvez relaxant, comme prendre une marche, lire un livre, faire du yoga, du tai-chi, du Pilates ou écouter de la musique relaxante.

Tenez-vous au courant des actualités et des nouvelles locales afin d’élargir vos horizons.

Demandez l’aide de votre famille, de vos amis et des agences communautaires. Ne vous sentez pas coupable si vous ne pouvez pas passer chaque minute avec la personne qui a subi l’AVC.

Prenez soin de votre santé physique. Mangez sainement. Essayez de pratiquer une activité physique la plupart des jours de la semaine.

Allez chercher un soutien spirituel. Consultez votre clergé ou votre conseiller spirituel.

Prendre des pauses


La tâche du soignant demande beaucoup de temps et d’énergie. Mais pas besoin d’y sacrifier votre vie entière. Il est important que vous sachiez quand prendre une pause. Prendre des pauses de temps en temps est essentiel, tant pour vous que pour la personne qui a subi l’AVC. Vous serez capable de prendre mieux soin de la personne une fois que vous vous sentirez revigoré par les contacts et la stimulation de l’extérieur.

Voici quelques conseils pour vous aider à prendre du temps pour vous :

Planifiez bien à l’avance. Discutez de vos plans avec la personne avant de partir car elle peut être bouleversée lorsque sa routine habituelle est soudainement modifiée.

Découvrez quel type d’aide vous ferait le plus grand bien. Par exemple, vous pourriez trouver que de l’aide aux tâches domestiques vous serait utile pour prendre une marche ou jardiner tous les jours. Si vous prévoyez une absence plus longue, vous pourriez devoir demander à quelqu’un de venir prendre soin de la personne ou trouver un foyer d’accueil où elle pourrait être hébergée.

N’ayez pas peur de demander l’aide des voisins ou des amis à l’occasion. Ils pourraient être contents de vous aider. En fait, ils ne vous l’offrent peut-être pas parce qu’ils croient que vous avez tout prévu.

Essayez d’être aux alentours lors des premières visites des gens qui viennent vous aider. Ces personnes doivent apprendre la routine de votre maison et ce que vous attendez d’elles. Il peut être utile de leur dire où vous rejoindre en cas de problème.

N’ayez pas peur que la personne ne dépérisse en votre absence. En fait, essayez d’encourager son autonomie. Une pause peut lui être profitable autant qu’à vous.


La dépression


Environ la moitié des personnes qui survivent à l’AVC souffrent de dépression à un moment ou l’autre de leur convalescence. Les personnes soignantes aux prises avec des responsabilités et des rôles additionnels peuvent aussi devenir déprimées. La dépression n’est pas un signe de faiblesse ou de laisser-aller. Ce n’est pas quelque chose dont on se sort en claquant des doigts. Consultez la liste des signes de dépression dans la section PRÉVENTION. Si vous ressentez deux de ces symptômes ou plus pendant plus de deux semaines, consultez votre médecin ou votre travailleur social. La dépression peut être traitée et plus tôt elle est traitée, meilleur sera le résultat.


Source:
Guide d'information pour les personnes ayant suvi un AVC et leur famille
www.fmcoeur.ca